"Les droits humains touchent à chaque dimension de la vie. Je n'envisage pas mon combat comme étant pour quelqu'un, mais plutôt comme une lutte avec les femmes et les jeunes tels que moi-même, au quotidien"
Evre Kaynak, d'origine turque, est titulaire d'une licence en Économie de l'Université d'Istanbul, ainsi que d'une double maîtrise en Économie du développement et Droit des droits humains des universités de Marmara et Bilgi. Depuis 2005, Evre est coordinatrice de programme national au service de l'organisation Women for Women's Human Rights (WWHR) - New Ways. Elle assure actuellement la coordination du programme national et du programme de formation des femmes aux droits humains, élaboré par WWHR-New Ways en 1995 et mis en œuvre dans les centres communautaires de 36 provinces turques.
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IWHC: Comment êtes-vous entrée dans la lutte pour les droits des femmes et des jeunes?
Evre Kaynak: À mon avis, les droits humains touchent à chaque dimension de la vie. Je n'envisage pas mon combat comme étant pour quelqu'un, mais plutôt comme une lutte avec les femmes et les jeunes tels que moi-même, au quotidien.
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IWHC: Quel est votre rôle chez Women for Women's Human Rights-New Ways (WWHR)? Où avez-vous trouvé l'inspiration de travailler avec cette organisation?
EK: Je suis coordinatrice du programme national de WWHR, l'une des principales organisations non gouvernementales (ONG) turques, actuellement chargée du secrétariat du réseau international de la Coalition for Sexual and Bodily Rights in Muslim Societies (coalition pour les droits sexuels et corporels dans les sociétés musulmanes).
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IWHC: Dans quelle mesure pensez-vous que WWHR a changé la vie des femmes, de manière spécifique ou générale? Quelles sont ses priorités pour l'avenir, auprès des groupes plus jeunes?
EK: Sous l'effet d'initiatives de pression et de militantisme nationales, régionales et internationales, WWHR a également réussi à faire amender plusieurs lois turques en faveur de l'égalité des sexes. En tant que femme vivant en Turquie, il ne m'est pas nécessaire d'en suivre les effets sur la vie des femmes, car je les vis, moi-même, personnellement. Beaucoup de mes droits sexuels, corporels, économiques, politiques et civils m'ont été garantis par l'État grâce aux efforts du mouvement des femmes, entrepris et coordonnés sous les auspices de WWHR.
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IWHC: Quels sont, selon vous, les plus grands défis que doivent relever, aujourd'hui, les jeunes de Turquie? Et que dire des plus grandes occasions à saisir?
EK: Le plus grand défi, pour les jeunes de Turquie, est un haut degré de dépolitisation. Les effets du coup d'état militaire de 1980 sont toujours présents dans la vie politique et civile des gens, en particulier des jeunes.
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IWHC: Quelles sont, selon vous, certaines des questions les plus importantes que doivent résoudre les responsables des programmes et des politiques pour promouvoir et protéger la santé et les droits des jeunes - et tout particulièrement des jeunes filles?
EK: Il faut qu'ils commencent par arrêter d'ignorer l'existence des jeunes, et surtout des jeunes filles : leur pouvoir, leurs attentes, leur intégrité corporelle et spirituelle et leur autonomie.
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IWHC: Comment les activistes, les responsables politiques et les autres groupes intéressés peuvent-ils amener les jeunes à se joindre aux débats?
EK: Les programmes et les projets doivent veiller à améliorer les connaissances, les compétences et les attitudes des jeunes à l'égard de la citoyenneté active, des droits humains et de la participation politique, pour qu'ils puissent s'engager politiquement.
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IWHC: Pouvez-vous nous donner un exemple, dans votre vie professionnelle ou personnelle, où le dialogue et la programmation ont tous deux favorisé une participation ou un leadership véritable de la part des jeunes? Comment en expliquez-vous l'efficacité?
EK: J'ai formé moi-même plus de 200 jeunes à la question des droits humains, dans le cadre d'un projet intitulé "Our Rights and Democracy" (Nos droits et la démocratie) organisé par la Community Volunteers Foundation entre 2004 et 2007.
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IWHC: Quelles sont les plus grandes leçons que vous avez tirées de votre travail chez WWHR?
EK: Bien que je travaille sur la question des droits humains des femmes depuis plusieurs années déjà, la plus grande leçon que j'ai tirée de mon expérience chez WWHR est que la connaissance représente un processus permanent et qu'on n'a jamais fini d'apprendre, de comprendre et d'agir!
IWHC: Quels sont vos rêves pour l'avenir ? Comment décririez-vous votre vision d'un monde idéal ou meilleur?
EK: Un monde démocratique voué à la paix et fondé sur le respect des droits humains et de l'égalité entre les sexes.
IWHC: Comment avez-vous découvert l'IWHC?
EK: Dans le cadre de la coopération entre nos deux organisations. L'IWHC apporte des fonds à WWHR depuis 1998. Elle appuie actuellement notre rôle au secrétariat d'un réseau de militantisme en faveur de la santé et des droits sexuels dans tout le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord : la Coalition pour les droits sexuels et corporels dans les sociétés musulmanes.
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