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| photo: Peter Hamblin |
« L'Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF) est née du Collectif des femmes pour le renouveau. Nous voulions démontrer que les Camerounaises pouvaient échapper aux rôles traditionnels qui leur sont imposés. Comme le collectif militait aussi pour la démocratie, le gouvernement en a interdit les activités. Ressentie comme une atteinte physique, la répression nous a fait renaître sous la forme de l'ALVF. La violence est politique, et elle est ressentie. On ne peut pas distinguer la pensée du sentiment : ce serait séparer la tête du cœur. Ma vision pour le mouvement des femmes du Cameroun est que nous arrêtions de séparer la tête du cœur et du corps. Par notre participation grandissante au mouvement féministe mondial, nous nous sommes rendu compte que la sexualité est plus essentielle que nous ne le pensions. »
Note biographique
Esther Endalé est issue d’une longue lignée de femmes militantes : sa mère (politicienne) et sa tante (syndicaliste internationale) ont joué un rôle instrumental dans la lutte pour l'indépendance du Cameroun, gagnée en 1960. Esther suit la voie qu’elles lui ont tracée en luttant pour l'émancipation des femmes. L'une des premières pharmaciennes à dispenser la contraception d'urgence dans son pays, elle a participé à l'organisation du premier syndicat des pharmaciens et est co-fondatrice du CFR (Collectif des femmes pour le renouveau), la première association féministe du Cameroun. En 1991, elle a créé, avec cinq autres féministes, l'association ALVF, dont les trois centres régionaux offrent éducation publique, refuge et assistance juridique et médicale aux victimes de violences. L'association a également lancé, voici peu, un programme pour adolescents. Aujourd'hui trésorière de l'ALVF, Esther est également membre adjointe de l'Association camerounaise des femmes juristes et d'AMANITARE (African Partnership for Sexual and Reproductive Health and Rights of Women and Girls, partenariat africain pour la santé et les droits sexuels et génésiques des femmes et des filles). En 1995, Esther a représenté les intérêts des Camerounaises à la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes, à Beijing.
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