| Comité Camerounais de Réflexion sur L'Avortement (CCRA) |
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Le CCRA est un groupe bénévole de médecins, avocats, membres d’ONG, pharmaciens, activistes féministes, fonctionnaires et dirigeants spirituels unis par leur volonté de résoudre la crise de la santé publique suscitée par l’avortement au Cameroun. Malgré la légalité de l’avortement au Cameroun en cas de viol ou pour sauver ou protéger la vie ou la santé de la femme, les femmes ont, en réalité, rarement accès à des services de qualité sans risques, même dans les circonstances admises par la loi. En proie à de sévères restrictions légales et administratives conjuguées à la faiblesse du système de santé publique, l’avortement se pratique pour la plupart dans des conditions illégales non médicalisées, donnant lieu à de fréquentes complications et à de hauts taux de mortalité. Représentant un vaste spectre d’affiliations professionnelles et de perspectives politiques, le CCRA espère bâtir le consensus sur la nécessité d’une réforme légale et d’un accès amélioré à des services d’avortement et de soins ultérieurs sans risques de qualité.
L’IWHC favorise et encourage le développement du comité depuis ses premiers débats : dès 1999 et 2000, nous organisions deux échanges informels entre les fondateurs du CCRA et les membres de Campaign Against Unwanted Pregnancy (CAUP, campagne contre les grossesses non désirées), un groupe cherchant à étendre l’accès à l’avortement sans risques au Nigeria, où les femmes se trouvent confrontées à des restrictions légales similaires et à de plus hauts taux de mortalité maternelle encore. Poursuivant l’élan né de cet échange d’idées et d’expériences, en décembre 2002, nous avons encouragé une collaboration entre le CCRA et le Women’s Health Project sud-africain (WHP, projet de santé des femmes), dans le cadre d’un atelier de raffinement de mission et de mise au point d’un plan stratégique d’action. Profitant de l’expertise du projet WHP—l’un des principaux groupes africains sur les droits reproductifs—le CCRA est aujourd’hui prêt à militer en faveur du changement au niveau national, et à contribuer à l’effort régional contre l’avortement à risques, dans les communautés francophones surtout. Le plaidoyer au Cameroun trouvera du reste de solides bases dans une recherche approfondie des réalités de la pratique de l’avortement et des opinions publiques. L’IWHC soutient actuellement les efforts entrepris par le CCRA pour documenter l’écart entre les directives légales et administratives et les pratiques courantes à l’égard de l’avortement, à travers l’examen des données recueillies dans les hôpitaux, les facultés de médecine, les registres des tribunaux, les organisations internationales, les ONG et les organismes de recherche. Nous contribuons par ailleurs à l’organisation de groupes de discussion au niveau de la collectivité, dans le but de mesurer les perceptions publiques de l’avortement et de la législation. |