| Politique Étrangère des États-Unis |
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Nouveau
président, nouvel ordre du jour pour les filles et les femmes :
déclaration d'Adrienne Germain
«De tous nos partenaires, dans tous les pays du monde, nous entendons la joie suscitée par l'élection de Barack Obama. Pour citer l'un d'entre vous: «Les droits de l'homme sont de nouveau à la page; les mesures de restriction des libertés ne le sont plus.»
Contexte
Depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2001, le gouvernement Bush poursuit une série de politiques préjudiciables à la santé et aux droits des femmes et des filles du monde entier. Soutenu par un Congrès à majorité républicaine, il érode partout, de quatre manières, la santé et les droits sexuels et reproductifs : en limitant ou supprimant les fonds disponibles aux programmes efficaces qu’il juge incompatibles avec ses valeurs conservatrices ; en créant de nouvelles sources de financement ou en redirigeant les fonds existants à travers des organisations et programmes favorables à son ordre du jour politique et moral, indépendamment de leur légitimité scientifique ou de leur crédibilité dans le domaine de la santé publique ; en censurant l’information, le plaidoyer et la recherche sur les stratégies globales de santé ; et en essayant de renverser les accords internationaux conclus précédemment sur la santé et les droits sexuels et reproductifs.
L’IWHC tient un catalogue courant (en anglais) de ces politiques et actions dans sa feuille d’information Bush’s Other War, mise à jour régulièrement. Nous suivons les actes comparables du Congrès fédéral américain dans une autre feuille d’information intitulée Stay Informed, Take Action. Toutes les initiatives répertoriées portent non seulement atteinte aux femmes, elles s’accompagnent aussi de conséquences dévastatrices pour le développement socio-économique et les droits de l’homme. Principaux donateurs bilatéraux dans la plupart des pays qui bénéficient de leur assistance étrangère, les États-Unis disposent d’une formidable puissance politique et financière. En interdisant le débat public des droits et de la santé des femmes, le gouvernement Bush étouffe un secteur clé de la société civile dans les pays en développement, à l’heure même où la promotion de la démocratie et de la société civile revêt pourtant une importance extrême. Politique et santé publique Plusieurs tendances se distinguent dans les politiques du gouvernement Bush : sa disposition, surtout, à placer ses intérêts politiques au-dessus des pratiques de santé publique raisonnables, tant à l’échelle nationale qu’internationale. Le site Web « Politics and Science » du représentant démocrate californien Henry Waxman, haut membre de la Commission de la Chambre des députés sur la réforme gouvernementale, tient une liste courante des ingérences du gouvernement Bush dans les domaines de la science et de la recherche. De nombreux thèmes y sont analysés, y compris l’éducation sexuelle prônant l’abstinence seule, le préservatif, la santé reproductive, le VIH/sida, le cancer du sein, la recherche sur les cellules souches et la politique de l’enseignement. Pour accéder au site « Politics and Science » (en anglais), cliquez ici. L’avortement, rideau de fumée Le gouvernement Bush a justifié l’arrêt de ses subventions et du soutien américain à certains programmes internationaux de santé reproductive sous prétexte qu’ils pratiquent, ou favorisent, une approche coercitive de l’avortement. Dans deux cas, les enquêtes ultérieures du département d’État et du ministère fédéral de la Santé et des services sociaux auprès des organisations inculpées ont levé ses accusations. Le gouvernement Bush a par exemple retenu, deux années durant, la contribution de 34 millions de dollars des États-Unis à l’UNFPA/FNUAP, principal pourvoyeur multilatéral de services de planification familiale et de santé reproductive dans le monde en développement. En août 2003, le gouvernement Bush a une fois encore eu recours à cette tactique pour couper court au financement d’un consortium d’organisations assurant l’apport de soins de santé d’urgence aux réfugiées. Il a par ailleurs refusé à plusieurs reprises d’entériner les objectifs d’amélioration des « services de santé reproductive » dans les accords internationaux, prétendant qu’il s’agit là d’une formule codée désignant en fait l’avortement. En poursuivant cette stratégie en dehors des États-Unis, Bush cultive l’extrême droite américaine indispensable à sa réélection en 2004, et il évite tout à la fois d’offenser l’électorat modéré. |