Session extraordinaire de l'assemblée générale de l'ONU sur le VIH/sida New York, 2001 Print
Quelles mesures urgentes les gouvernements doivent-ils prendre face à la tragédique pandémie du VIH/sida ? Tel était l'objet des négociations de la Session extraordinaire de l'ONU sur le VIH/sida, tenue à New York du 25 au 27 juin 2001. De nombreux chefs d'État africains ont assisté à la Session, qui aura attiré une attention sans précédent sur la pandémie du sida et sur ses causes fondamentales. Dans son discours à l'Assemblée, le docteur Pascoal Mocumbi, premier ministre du Mozambique et membre du conseil de l'IWHC, a souligné la nécessité, si l'on veut arrêter la propagation continue du VIH, d'un dialogue franc sur la sexualité et l'inégalité entre les sexes. Ce discours faisait suite à la parution, quelques jours plus tôt, de son opinion sur la question dans The New York Times. Au terme de pénibles négociations durant les quelques mois antérieurs à la Session, les gouvernements ont adopté une Déclaration d'engagement par consensus.

Tout au long de la négociation et malgré l'accès limité des ONG au processus préparatoire, l'IWHC a assuré son soutien continu aux délégations progressistes sur une série de questions techniques, en particulier les droits fondamentaux des femmes, l'égalité entre les sexes et l'accès des adolescents à l'information et aux services de santé sexuelle.

La Déclaration touche à de nombreux aspects de la pandémie, y compris les stratégies de prévention, le respect des droits fondamentaux des victimes du VIH/sida, l'accès au traitement et le Fonds mondial pour la luttre contre le VIH/sida et pour la santé. Parmi d'autres engagements progressistes, la Déclaration réaffirme l'objectif formulé par la CIPD + 5 de réduire la prévalence du VIH parmi les jeunes de 15 à 24 ans. Elle souligne également avec emphase la nécessité d'attaquer les stéréotypes et les inégalités entre les sexes, précisant notamment que : la protection de la pleine jouissance de tous les droits fondamentaux des femmes doit être assurée ; les stratégies nationales de prévention du VIH doivent « donner aux femmes les moyens d'exercer un contrôle sur les questions liées à leur sexualité et de prendre à ce sujet des décisions en toute liberté et de manière responsable » ; et les femmes et les adolescentes doivent bénéficier de services d'hygiène sexuelle et de santé en matière de procréation. Le contenu progressiste de la Déclaration a déjà été intégré aux accords sur le VIH/sida en cours de négociation pour la Session extraordinaire consacrée aux enfants (Remise à 2002).

La mention explicite des personnes particulièrement vulnérables au VIH (les hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes, les travailleurs de l'industrie du sexe et les drogués par voie intraveineuse) et celle des consignes de l'ONU sur le VIH et les droits de l'homme a rencontré la véhémente opposition des pays islamiques conservateurs, en ayant forcé le retrait du texte final aux dernières heures de la négociation. Par rapport au montant visé par le Secrétaire général Kofi Annan, les contributions au fonds mondial restent faibles et les modalités d'administration du fonds n'ont pas encore été arrêtées. Enfin, l'incidence négative de certaines lois et règles de commerce et de protection des brevets sur le prix des thérapies antirétrovirales reste loin d'être résolue.

>>Lire la Declaration d'engagement sur le VIH/sida en français
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