| Contexte : Introduction et action de l'IWHC au Cameroun |
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Le déclin économique et politique, au Cameroun, ces 10 dernières années, alourdit chaque jour davantage les menaces déjà graves qui pèsent sur la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes. Le conservatisme social, relatif à la contraception et à l’avortement surtout, entrave les efforts menés par les ONG pour améliorer l’accès, des jeunes tout particulièrement, à l’information et aux services. S’appuyant sur 12 années d’expérience, les collègues de l’IWHC au Cameroun intensifient cependant leurs efforts d’assurance des droits sexuels et reproductifs des femmes et de défense du droit des adolescents à une éducation complète à la sexualité et aux services afférents. La santé des jeunes du Cameroun se trouve confrontée à de nombreux défis. Le pays doit faire face à un taux d’infection à VIH s’élevant aujourd’hui à 12 %, la majorité des nouvelles infections étant relevées parmi les adolescents (70 % des cas déclarés le sont entre les âges de 15 et 25 ans). Les jeunes femmes sont particulièrement vulnérables : bien que la majorité des filles âgées de 15 à 19 ans aient entendu parler des méthodes de contraception modernes et que 90 % de ces mêmes filles soient conscientes de l’existence du VIH, 8 % seulement de celles sexuellement actives déclarent utiliser le préservatif pour se protéger. Dès l’âge de 19 ans, plus de 50 % des filles sont déjà mères ou enceintes, et sur l’ensemble des avortements pratiqués, un tiers est demandé par des adolescentes, dans des circonstances pour la plupart clandestines et dangereuses. Peu d’adolescents ont accès à l’information la plus élémentaire au sujet de la santé sexuelle et reproductive. Grâce à l’effort de personnes et d’organisations plus dévouées les unes que les autres, la situation commence cependant, petit à petit, à changer. Avec l’aide de collègues de l’IWHC au Nigeria, l’organisation FESADE (Femmes, Santé et Développement), établie dans la capitale de Yaoundé, a réalisé de sérieux progrès vers la mise au point et l’essai d’un programme d’éducation complète à la sexualité destiné à la formation des organisations et à l’élaboration des politiques de l’État. Également implantée à Yaoundé, EducActions s’occupe de recherche et de formation, sensibilise la communauté aux réalités du VIH/SIDA et des autres MST, et dirige un programme d’éducation à la sexualité ciblant les filles, scolarisées ou non. Enfin, après avoir réalisé une étude en profondeur sur les pratiques traditionnelles nuisibles, l’association ACAFEM (Association camerounaise des femmes médecins) se consacre actuellement à la recherche sur les besoins de santé des adolescents non scolarisés, dans le but d’en présenter les conclusions aux stratèges clés de divers ministères gouvernementaux. Grâce aux travaux d’organisations telles que FESADE, EducActions et ACAFEM, le peuple camerounais et certains membres du gouvernement deviennent de plus en plus sensibles aux besoins de santé pressants de la population et se montent par conséquent plus ouverts aux sujets jusque-là considérés tabous. Outre leurs travaux au soutien des adolescents, nos collègues entendent sensibiliser davantage l’opinion sur les droits sexuels, éliminer la violence à l’encontre des femmes et résoudre la crise de l’avortement à risques au Cameroun. Le Comité camerounais de réflexion sur l’avortement (CCRA), jeune coalition rassemblant des féministes, des pharmaciens, des médecins, des avocats, des dirigeants spirituels et quelques représentants de l’État, a élaboré un plan stratégique à long terme pour étendre l’accès à l’avortement sans risques, gagnant un soutien grandissant au niveau national et régional. |