| Adolescence, Idée, Action (AIA) |
|
|
|
L’organisation AIA est née de simples séances hebdomadaires d’éducation informelle, entamées en 1995 à l’intention des filles de 8 à 12 ans de Cité-Sic, un quartier de la petite bourgeoisie de Douala, deuxième grande ville et centre industriel du Cameroun. Les séances se tenaient au domicile de Rosine Gwem, maîtresse d’école primaire consciente, depuis longtemps déjà, du manque d’information sur la sexualité et la procréation dont disposaient les filles de cette tranche d’âge pour un passage sain à l’adolescence et à l’âge adulte. Au Cameroun, plus de 10 pour cent des grossesses non désirées affectent les filles de 12 à 15 ans. Elles sont le résultat, en grande majorité, de relations sexuelles avec des hommes plus âgés. Peu d’adolescentes sexuellement actives utilisent le préservatif ou pratiquent d’autres formes de contraception. Les taux d’infection à VIH sont du reste élevés, la plupart des nouveaux cas étant relevés chez les adolescentes.
Jouissant de la confiance et, en sa qualité de maîtresse primaire, du respect de la communauté, Rosine se trouvait en position idéale pour apporter aux filles le type d’information sur la sexualité et la procréation que ne leur offraient ni l’école primaire, ni leurs parents (au Cameroun, il est traditionnellement tabou pour les parents d’éduquer eux-mêmes leurs filles à la sexualité). Les filles voyaient en Rosine une précieuse source d’information objective, tandis que les parents avaient confiance en sa capacité d’aborder les questions sensibles de la sexualité et de la procréation de manière responsable. Intégrant un matériel approprié en fonction de l’âge des filles sur les questions de la sexualité, du plaisir, des droits de la personne sur son propre corps, de l’autonomisation des femmes et du VIH dans les discussions plus traditionnelles de l’hygiène personnelle et des rapports matrimoniaux, AIA a réussi à armer les filles d’une information sanitaire essentielle dans un milieu social conservateur. Dès 1995, les séances se sont étendues pour inclure d’occasionnels programmes d’art et bricolage, de chant et de danse, et une participation aux fêtes nationales. L’organisation s’est également dotée d’une petite équipe de volontaires et attire de plus en plus de filles de la communauté. L’IWHC aide actuellement AIA à se développer en tant qu’organisation, à travers l’élaboration et la documentation de son programme, la création d’un réseau d’anciennes membres, la participation à diverses rencontres et manifestations, et le soutien du personnel et des animatrices. |