| Contexte : Introduction et action de l'IWHC au Nigeria |
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Vingt pour cent de la population nigériane sont âgés de 10 à 19 ans. Ces 20 % représentent 24 millions de jeunes, dont la santé et les droits humains se trouvent confrontés à bien des dangers. Les filles, surtout, sont vulnérables. Atteignant jusqu’à 1 025 morts pour 100 000 naissances dans certains états, le quotient de mortalité maternelle du Nigeria est l’un des plus élevés du monde. Quarante pour cent des Nigérianes sont du reste mères avant l’âge de 18 ans. L’avortement n’est légal que pour sauver la vie de la femme. On estime pourtant à 24 % la proportion des adolescentes sexuellement actives ayant recouru au moins une fois à l’avortement clandestin. Une étude régionale révèle notamment que 60 % des femmes hospitalisées pour cause de complications d’un avortement non médicalisé sont adolescentes. Le VIH pose également une menace grave : en 2002, on dénombrait deux fois plus de filles séropositives, entre les âges de 15 et 24 ans, que de garçons.
Rien d’étonnant, dès lors, à ce que les collègues nigérians de l’IWHC aient concentré leurs efforts sur la promotion d’une meilleure santé des adolescents, à travers, principalement, une approche globale de l’éducation à la sexualité, pour les filles comme pour les garçons. Ils ont d’ailleurs réalisé de remarquables progrès : en août 2001, le gouvernement fédéral du Nigeria a approuvé un « programme national d’éducation à la sexualité », élaboré en partie par nos collègues, actuellement introduit dans certains états pilotes. Cet exploit n’est autre que le produit de nombreuses années d’activisme et de leadership, soutenu par l’appui continu de l’IWHC, de la Ford Foundation et de la Macarthur Foundation, et solidement renforcé à l’occasion de la première Conférence nationale nigériane sur la santé reproductive des adolescents, en 1999, à la planification de laquelle plusieurs de nos collègues avaient joué un rôle essentiel aux côtés du ministère fédéral de la Santé. D’autres collègues ont cultivé une forte présence dans le nord du pays, où la loi islamique de la charia, instaurée dans 12 états du nord en novembre 2000, menace les droits humains les plus fondamentaux des femmes. Dans l’état de Kano, le projet AHIP (Adolescent Health and Information Project, pour la santé et l’information des adolescents) offre des programmes de formation professionnelle, d’alphabétisation et de leadership, ainsi qu’une information élémentaire sur la santé et la sexualité. Dans l’état de Niger, INCRESE (International Center for Reproductive Health and Sexual Rights, centre international pour la santé reproductive et les droits sexuels) aide et défend les marginalisés, des adolescents non scolarisés aux handicapés, en passant par les veuves séropositives d’hommes morts du SIDA. Ces deux organisations ont contribué immensément aux communautés qu’elles servent. Elles en sont parvenues à cultiver un partenariat naissant avec les représentants des gouvernements locaux, de même qu’avec les dirigeants religieux et communautaires, sur des sujets politiques et culturels extrêmement sensibles. Beaucoup de nos collègues nigérians sont aujourd’hui reconnus dans les milieux nationaux, régionaux et internationaux, pour leur expertise en matière d’adolescence (concernant les jeunes femmes surtout), d’éducation à la sexualité et d’élaboration de programme pédagogique. Devenus mentors d’ONG en herbe au Nigeria, ils ont mis leur expertise au service d’organisations poursuivant des objectifs comparables au Cameroun et partagé leurs expériences et acquis avec les représentants du gouvernement, d’ONG et des jeunes du Mozambique lors d’un échange de découverte parrainé par l’IWHC en 2001, puis de plusieurs rencontres ultérieures. Outre ces efforts de mentorat, plusieurs de nos collègues nigérians définissent de nouvelles méthodes de mesure de l’impact de leurs travaux au niveau individuel et de la communauté. Ainsi, l’initiative GPI (Girls’ Power Initiative), à Calabar et à Benin City, s’attache, avec l’aide d’un expert américain, à la mise au point de méthodologies d’évaluation non traditionnelles largement qualitatives aptes à cerner les variables pour ainsi dire insaisissables du gain d’estime personnelle chez les filles et de l’impact de l’activisme au niveau de la communauté. Ces approches inédites—toujours au stade de l’exploration dans les cercles de recherche des États-Unis mêmes—offrent à nos collègues une occasion encore de contribution significative à leur spécialité. |